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[Chronique] NIN - The Slip

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Thanos
Children Of Bodom
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Age : 19
Inscrit le : 07 Mar 2008
Messages : 231

MessageSujet: [Chronique] NIN - The Slip   Sam 10 Mai - 23:24:05

Bon, j'aime faire les choses pas comme tout le monde, alors je vais m'amuser à faire une chro, ma première chro... morceau par morceau.



1. 999,999
2. 1,000,000
3. letting you
4. discipline
5. echoplex
6. head down
7. lights in the sky
8. corona radiata
9. the four of us are dying
10. demon seed


Genre : Métal Industriel
USA - 2008


Ha, NIN... Qui, parmi ceux qui aiment le metal industriel, ne vibrent pas à l'évocation de ces trois l'être, et au nom du marionnettiste divinisé qui se trouve derrière : Trent Reznor.

Trent, dont chaque phase de la vie adulte a produit un album, chaque parcelle de son existance devant une note, une ambiance, un morceau, un album, une oeuvre d'art. De part son parcours unique et magnifique, Reznor est devenu une figure incontournable de l'Indus... Et, aujourd'hui, sa guerre contre la mainmise des majors atteint son apogée, en distribuant ce The Slip gratuitement sur internet, après un Ghosts déjà vendu directement sur leur site.

Mais revenons à nos moutons. De phases, Trent est passé depuis, avec Year Zero, dans une transition entre la douceur de With Teeth à quelques choses de plus expérimental dont nous sentons déjà les accents dans les outro chaophonesque de The Big Destroyer par exemple.

Cette phase expérimentale, nous en avons vu le pur produit dans Ghosts, album purement instrumental, explorant des horizons inconnus de nos oreilles innocentes. Et, à présent, Reznor nous offre The Slip, et bien curieux sommes nous de savoir où l'esprit génial de Trent nous emmènera cette fois-ci.


1. 999,999 (1:25)
Une intro tout en paradoxe, à la foix aérienne et lourde, pesante et fugitive. Des relents de Ghosts viennent à se faire entendre, et c'est la voix de Trent sur la fin qui vient nous emmener ailleurs : machine arrière toutes, en quelques mots inentelligibles ("The slip ?"), une forte réminiscence de The Downward Spiral m'assaille. "Put a Gun In My Mouth".


2. 1,000,000 (3:56)
Un rythme basique, électronique, nous accueille. Ghost est de retour, puis la voix vient se poser, revenant cette fois à l'époque Year Zero, presque REMIXED. Très électronique, le morceau nous emmène sans qu'on le sente arriver vers un refrain sorti d'ailleurs, puis repart, énergique. Energie communiquée par le rythme certes basique mais entraînant, et la voix de Reznor, qui nous signifie son grand retour. Il est en forme, dirait-on ! Oui... NIN reste NIN !


3. letting you (3:49)
Encore une fois, nous sommes accueillis par des effluves de ce Ghosts décidément persistant. Des notes nous assaillent à un rythme rapide, sans répit, agressif. Un essaim... Trent est en forme et il se déchaîne, ne nous offrant que de rares ralentissements, pour mieux reprendre ensuite, nous faisant profiter de toute la maîtrise bordélique qu'il peut avoir des sons électroniques. L'album commence a avoir son identité propre, son énergie et sa couleur.


4. discipline (4:19)
Single offert avant l'album, Discipline m'est déjà bien connue. un rythme assez rapide, entraînant, une voix non agressive, limite pop... Serait-ce une The Hand That Feeds You Version 2 ? Je ne suis pas loin de le penser, mais qu'importe, j'aime cette chanson, et celle là, mine de rien, a aussi son rythme, son identité, et, merde, ça balance, ça entraîné. Le piano vient nous effleurer le coin des oreilles à point nommé, goutes d'eau sur la fournaise de l'album, où commence à danser les démons sur un rythme endiablé., rappel incongru l'un des meilleurs moments du calme ghosts (12 Ghost II pour être précis)... "I Cannot Help Myself !"
Le son de mon casque monte, et je regrette de ne pas avoir un foutu 5.1 pour faire bouger ce putain d'immeuble sur ses fondations.


5. echoplex (4:45)
Batterie, guitare, voix, chaque instrument apparaît l'un après l'autre, pose son rythme et s'accorde aux autres, presque sans faire exprès, dirait-on. D'autres interviennent, en passant, comme ça, comme si de rien n'était. Mais si, plus on avance et plus on se rend compte que tout est réglé, au poil. Chaque note est placée, chaque modification de la sonorité suit un chemin précis. Il suffit d'écouter pour trouver... Le chuchotement de Trent nous y encourage, tandis qu'enfin on se prend au jeu. Et... ça s'arrête.



6. head down (4:55)
Tout redeviens chaos. On est perdu. "Head Down ! Hmm to late for that !" Les rythmes electroniques se mêlent au claquement sèches des caisses, et fnissent par se répondre, devenir cohérent. Puis vient le piano, le synthé, la voix, que sais-je, et le morceau devient autre, le chaos prépondérant devient âme de fond. Et cela cesse, et Trent crache de nouveau, et cela reprend, et l'on se met à espérer que cela ne cesse pas, qu'il nous emmène avec lui. Je monte encore le son, je m'abandonné. Et cela cesse, encore. Le tout m'évoque analogie pour le moins curieuse, à l'acte amoureux avec une femme farouche. Le plaisir et le chaos, la beauté et le désir pur et chaotique, par intermittence, par à-coups, et finalement, tout se mêle, passe en sourdine, reste là, épiant, ayant sa vie propre, s'agitant... Puis s'endort.


7. lights in the sky (3:29)
Un furieux air de Still, dès le début du morceaux. Un piano, une voix douce. Je vois Trent, debout sur la scène, un unique spot l'éclaira violemment par au dessus, le transformant en ombre parmi toutes celle d'une immensité à l'écoute. La mélodie du piano ressemble à un SOS lancé dans l'espace, portant à la fois espoir et résignation, portant la solitude du naufragé qu'est Reznor, seul, abandonné des envahissantes machines.


8. corona radiata (7:33)
A peine si la transition se fait sentir, tellement elle est bien tramée. La voix et le piano se sont tus, mais le fond, l'echo de l'espace, se maintient, reste, nous berçant, nous entourant d'une présence immense, chaude....
Des notes de piano nous parviennent, echo d'une âme depuis longtemps partie dans le lointain... Mais l'espoir est là, on se rapproche, où plutôt l'on écoute approcher, la suite, qui pourrait tout aussi bien choisir de venir dans une éternité. Et l'on attend... Plusieurs minutes...
Et ça vient, enfin, un battement, pas de vie, mais une machine, de nouveau. Le bourdonnement cesse, on écoute ce coeur battant son propre rythme, seul d'abord, puis suivit de la musique de tout le reste de son corps, de chaque fibre. Des miaulements ?! La vie existe, tout compte fait, au fond de ce monstre.


9. the four of us are dying (4:37)
Nous sommes entré dans le monstre, avalé dans son espace mécanique et électronique. Nous nous enfoncons, découvrant peu à peu un autre monde, tout en rythmique, pas agressif, pas particulièrement accueillant non plus... Neutre, observateur. Comme une machine qui fonctionne, sans but autre que de faire ce pourquoi elle est fait, mais qui représente une telle beauté, une telle perfection dans son travail qu'on ne peut s'empêcher d'admirer, et d'écouter, les sons répétitifs, les petites notes, les touches qui viennent s'ajouter les unes aux autres, formant un tout, un être cohérent et vivant. Un cri, un signal qui se détache, tout s'accélère, y aurait-il un problème ? Le cocon chaud du rythme se trouble, est non pas remplacé mais surpassé par quelque chose de plus important, de plus chaotique, de plus électronique... Jusqu'à cesser.


10. demon seed(4:59)
Changement de rythme, nous voilà brutalement rejettés dans l'espace. La batterie sèche, la guitare évoque un moteur qui nous propulse, à son rythme ératique mais régulier, et sans peine j'imagine un champ d'asteroide, un vaisseau, éclair métallique, filant à travers les graînes de sa destruction, masses rocheuses et fleurs rouges des explosions. La voix revient, le pilote chantonne en appréciant la balade... "Hoo I'm reaching the point..." Le son se fait plus agressif, tout devient plus dangereux, plus massif. Moins régulier. Puis ça repart, pour cesser presque totalement, nous laissant dans l'exceptative. Tout ne se réduit plus qu'à un son, battement de coeur effaré, effréné, et la voix de Reznor est coupée, assoudie, amoindrie, comme à travers autre chose.
"One two three four"
Tout repart, le rythme revient, le vaisseau redémarre, mais le pilote est ailleurs, nous ne sommes pas seuls, plusieurs voix se mêlent. Les multiples personnalités qui nous ont conduit dans ce périple, à travers cette portion d'espace, se révèlent enfin au grand jour.

Et tout cesse.










Le voyage est fini, et j'ai l'impression d'avoir vécu ça comme une expérience plus que comme une chronique. Curieusement, en voulant décortiquer, je me suis laissé prendre au jeu. Au lieux d'entendre, j'ai écouté, et j'ai découvert, tout ce qui faisait le génie de Trent. Ne voyez pas en The Slip un album exceptionnel, au dessus de ce qui a déjà été fait. Mais... prenez le temps, de l'écouter, vraiment, et de vous laisser transporter, comme vous l'avez peut-être fait avec Ghosts.

Car c'est ainsi qu'il faut apprécier chaque album : comme un voyage.



Vous pouvez télécharger gratuitement et légalement l'album ici.




(non, je mettrais pas de note, j'aime pas mettre de notes)
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Gløp
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MessageSujet: Re: [Chronique] NIN - The Slip   Dim 11 Mai - 0:54:28

L'ennui du piste par piste c'est qu'à moins de connaître l'album (et encore), la chronique est moins interessante à lire et il est difficile de se faire une véritable idée sur la valeur du disque dans son ensemble.
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MessageSujet: Re: [Chronique] NIN - The Slip   Dim 11 Mai - 1:34:30

Merci pour la chronique, bon je vais me le procurer de ce pas !
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MessageSujet: Re: [Chronique] NIN - The Slip   Dim 11 Mai - 10:09:21

WAAAAAAAAOOOOOOOOOUUUUUUUUHHHHHHHHH !!!!!!!!

Putain, bien joué, très belle chronique, oeut être pas pour le meilleur album de NIN, mais très bien écrite et tu me donnes envie de le réécouter Very Happy
Belle performance
_________________
"Oh, ca me ooohhhhrrr !!!''
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MessageSujet: Re: [Chronique] NIN - The Slip   Dim 11 Mai - 10:32:17

L'unité de cet album c'est de ne pas en avoir - la preuve tu te tapes une kro track par track Very Happy

Nan je te taquine mon petit Thanos, j'admire ta dévotion pour ce groupe qui n'a d'égal que la mienne et celle du rovx réunies. Parce que moi j'en perds un peu en ce moment, je fais ma vieille réactionnaire qui regrette la Grande Epoque, j'accepte amplement son envie d'expérimenter et d'essayer, mais m'est avis qu'on va bientôt atteindre un point de non-retour où il va me gaver avec ces productions vite balancées - gratuite ou non, ça reste un album. Enfin ça va, je suis juste pessimiste, pour le moment j'apprécie.
Peut-être que tu aurais dû ajouter les pistes à écouter en priorité (Discipline, Echoplex et Lights in the sky pour moi)... Rappelle-toi le nombre de réticents inconscients à cette superbe musique qui peuplent cet humble forum (et n'attendent qu'on leur tende la main pour effectuer ledit voyage Very Happy )
_________________
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