Genre : Dark Ambient.
« Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombres ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit. —Rimbaud » …C’est dans ce tableau d’ordre que le chinois de Claustrophobia nous supplicie avec son Claustrophibic Room 444 tragiquement mutilé et mutilant.
L’album s’ouvre sur un bruitage inaccoutumé créant une chute dans les gouffres du malsain, dès les premières secondes on perd toute notion de temps et d’espace, et un succube qui tient dans ses doigts magnétiques la sphère divine dessine un cauchemar atrocement périlleux et sans trêve. Le reste de l'album continu dans le même esprit que "Ruins Outside The Cathedral". La composition peut nous paraître comme inaccessible par sa lourdeur hermétique et ses nappes electronico-industrielle alchimiques (un peu à la manière de Diagnose: Lebensgefahr), mais dès que l’on immerge dans sa mer si sordide avec des pauvres narines, misérables et maigres, on ne peut rester que contemplateur devant une telle angoisse. Quel clavier distorsionné arrive à plein fouet et un murmure martyrisé qui, malgré sa rareté, ajoute à ce menu « quasi » industrialisé une espèce de tourbillon extrêmement morbide.
Que dire d'autre... Pas grand chose à la vérité. Claustrophobia ne cherche ni à happer son auditeur ni à l’attendrir mais plutôt à asseoir sur ses genoux une beauté abominable afin de l’injurier.
Claustrophibic Room 444 ne possède aucune parcelle de lumière. A vrai dire, il s’agit ici d’un disque qui ne dévoile pas ses secrets qu'après plusieurs tentatives. La majorité destructrice n’arrivera pas à franchir le pas, et je suis vraiment désolé pour elle puisqu’elle a raté un suave concert spirituel.
Note : 8/10
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Celui qui peut régner sur la rue règnera un jour sur l'Etat, car toute forme de pouvoir politique et de dictature a ses racines dans la rue.
